Lisez le texte et trouvez les phrases qui expliquent le titre.
Antonio est fier de son ami
Légère, joyeuse, l’eau de la Saône léchait les bords de l’île Barbe. Elle mouillait les pieds des saules, contournait les hautes feuilles d’iris, se haussait jusqu’aux menues touffes de menthe ou de camomille, puis se retirait avec un doux clapotis, laissant une écume rousse sur la berge dénudée.
A deux pas de la barque, presque à portée du pied, s’amorçait le petit chemin creux par lequel on accédait à la Porte Notre-Dame et qui permettait de traverser l’île de part en part.
Affalé à l’arrière de sa barque, une main trempant dans l’eau, Jean-Baptiste bâilla à grand bruit.
— Ah... Ah, fit-il, ces dimanches! Que le temps me dure quand je ne travaille pas. Si encore on faisait des choses. Mais rien, rien...
Assis à l’avant de la barque, Antonio Morelli bâilla à son tour.
— Bah, répondit-il, c’est bientôt la fête. Dans sept semaines. J’ai compté les jours... Vivement la Saint-Jean qu’on s’amuse un peu!
Puis il étendit ses longues jambes, étira ses poings fermés, très haut vers le ciel, et regarda affectueusement son ami.
— Tu le sauteras le feu, ce coup-ci?
Jean-Baptiste eut une expression un peu mélancolique pour répondre.
— Je crois point.
Puis dans un sursaut il dit:
— Non, vraiment pas ce coup-ci. Il n’y a guère de chance et je n’ai pas de regret. Ah, dame, si j’avais les jambes comme les tiennes! Mais vois-tu je crois que je ne bougerai plus d’un pouce à présent! Je ne sais pas ce que tu as fait pour grandir autant et aussi vite.
Antonio Morelli sourit avec douceur et, entre ses longs cils baissés, considéra ses jambes qu’il avait du mal à loger dans la barque. Il avait grandi tout d’un coup vers quinze ans et sa pauvre mère s’était souvent lamentée au sujet des vêtements qui devenaient trop courts, des chaussures qui étaient trop petites avant d’être hors d’usage. Son patron, le tisseur en soie, maître Hugonin Berthet, n’avait cessé de le taquiner à cette époque-là en l’appelant échalas, asperge, peuplier d’Italie. Après ce bref retour en arrière Tonio semble revenir à la réalité. Ses paupières se soulevèrent et il regarda son ami de toujours, le gentil Jean-Baptiste. A force de manier la rame sur la bêche de sa mère le garçon avait pris la vigueur. A dix-huit ans il était fort comme un homme, montrait des biceps énormes, une poitrine velue, bombée comme une citrouille, qu’il aimait à faire sonner du plat de la main en disant:
— Ecoute un peu si ça résonne!
Parfois Antonio, qui ne manquait pas de finesse, riait de ce jeune orgueil, mais au fond de lui-même il enviait un peu son ami. On ne se moque pas facilement d’un homme qui paraît capable de vous rosser d’importance. Et partout et toujours on respectait Jean-Baptiste. Antonio eût bien voulu avoir autant d’autorité sur les autres. Or, lui, en dépit de sa haute taille, avait conservé son air fragile et cette douceur de fille dont il éprouvait une certaine honte.
Mais en dépit de ces différences il n’était pas jaloux. Jean-Baptiste était son ami, il en était plutôt fier.
Pour mieux comprendre
affectueusement, de façon affectueuse — нежно, с любовью
ce coup-ci — cette fois
ne plus bouger d’un pouce — ne pas grandir
se lamenter — pleurer, gémir
échalas m — жердь
à force de manier la rame sur la bêche de sa mère — поскольку ему часто приходилось работать веслом на маминой лодке
rosser — frapper, battre
il eût voulu — он хотел бы
Заглавие Antonio est fier de son ami означает «Антонио гордится своим другом». Находим фразы, которые прямо называют это чувство, затем предложения, объясняющие его причину.
В самом конце написано: «Mais en dépit de ces différences il n’était pas jaloux» — «Но, несмотря на эти различия, он не завидовал». En dépit de означает «несмотря на». Антонио не превращает различие характеров и внешности в соперничество.
Следующая фраза даёт прямой ответ: «Jean-Baptiste était son ami, il en était plutôt fier» — «Жан-Батист был его другом; он скорее гордился этим». В конструкции être fier de местоимение en заменяет дополнение с de: Антонио гордится своим другом и дружбой с ним.
Причина раскрыта перед заключением: «Et partout et toujours on respectait Jean-Baptiste» — «И везде и всегда Жан-Батиста уважали». «Antonio eût bien voulu avoir autant d’autorité sur les autres» — «Антонио хотел бы иметь такой же авторитет среди других». Eût voulu здесь передаёт желание, а не реально произошедшее действие.
Описание «A dix-huit ans il était fort comme un homme» — «В восемнадцать лет он был силён как взрослый мужчина» — дополняет объяснение. Антонио восхищается силой и авторитетом Жан-Батиста. Ранее он немного завидовал его качествам, но итоговая мысль подчёркивает именно дружескую гордость.
Les phrases qui expliquent directement le titre sont:
«Mais en dépit de ces différences il n’était pas jaloux. Jean-Baptiste était son ami, il en était plutôt fier.»
D’autres phrases expliquent pourquoi Antonio est fier de son ami:
«Et partout et toujours on respectait Jean-Baptiste.»
«Antonio eût bien voulu avoir autant d’autorité sur les autres.»
Antonio admire la force et l’autorité de Jean-Baptiste. Malgré leurs différences, il est fier d’être son ami.
