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Cinéma français, le retour
«Aller voir un film français n’est plus ringard», résumait ainsi fin octobre le directeur du Centre national de la cinématographie, David Kessler, se réjouissant que le cinéma français dépasse désormais les 40 % de parts de marché: «Le public ne boude plus les films français et le succès appelle le succès».
Le cinéma français n’avait pas atteint de tels scores, et surtout aussi massivement, depuis plusieurs années. A tel point que la part de marché de notre septième art a grimpé à 43 % contre 30,3 % en 2002, alors que, dans le même temps, le cinéma américain est passé sous la barre de 50 %, contre 62,1 % en 2002. Le tout dans un contexte particulièrement favorable au cinéma en général, puisque le nombre des entrées dans les salles va enregistrer cette année une nouvelle et importante hausse (entre 7 et 11 %), dont on peut raisonnablement penser qu’elle aura d’abord profité à nos films.
Si ce n’est pas encore l’euphorie, c’est déjà l’enthousiasme dans un secteur qui s’était habitué à quelques gros succès chaque année mais jamais à ce point. «Il n’y a pas de mercredi 1 où je ne vois pas au moins un film français qui marche, même des œuvres d’auteurs réputés difficiles», se félicite le producteur Daniel Toscan du Plantier.
Pour autant, il serait parfaitement injuste de dire qu’avant cette année le cinéma français était un désastre, et que maintenant il est sublime. C’est le même, mais l’appréciation que le public en a est en train de changer. Au fond, les Français ont toujours aimé leur cinéma, mais à présent ils n’ont plus peur de l’affirmer…»
Y a-t-il un rapport de cause à effet? Le fait est que, en quelques années, le profil des spectateurs a évolué. Son assise populaire, jeune et plutôt urbaine s’est trouvée renforcée au fil de la décennie passée par un public d’adultes de plus de 35 ans, qui constituent à présent 45 % des spectateurs. Une étude menée par le Centre national de la cinématographie révélait également l’an dernier que les plus assidus étaient les diplômés d’études supérieurs, 32 % du public mais 49 % des entrées!
La modernisation des salles, comme la construction de dizaines de multiplexes offrant d’avantageux systèmes d’abonnements mais aussi plus de films, n’ont fait qu’accroître la régularité de la fréquentation
— plus de cinq entrées par spectateur en 2000
— faute d’attirer de façon significative de nouveaux spectateurs.
Encore fallait-il que la rencontre ait lieu entre ce public composite et le cinéma français. Celle-ci semble s’être opérée sur plusieurs années, avec la «montée en puissance» d’une nouvelle génération de cinéastes, soutenue par une profession désormais plus offensive, et qui n’hésite pas, pour les films à gros budget, à reprendre les méthodes américaines: campagne de publicité, lancement massif dans un nombre impressionnant de salles…
Après le règne de la comédie et du polar, on a vu le cinéma français se diversifier, mélanger styles et genres avec un grand professionnalisme, pour finalement commencer à s’emparer des gros créneaux qu’occupait confortablement jusqu’alors le cinéma américain.
«On constate aussi une saturation du cinéma d’outre-Atlantique en France et dans le monde, note Daniel Toscan du Plantier. Et l’utilisation à outrance des effets spéciaux a eu pour conséquence de transformer la plupart des films américains en vidéo games, poursuit-il. Du coup, le cinéma français, qu’on jugeait trop adulte, a tiré avantage de son handicap».
Il ne faut cependant pas oublier que ce succès plonge ses racines dans un système du soutien unique en son genre, qui a pu maintenir une vraie industrie du cinéma en France; même dans les années difficiles. Consolider cette splendide embellie reste une tâche des plus délicates.
Le mercredi est le jour de sortie des nouveaux films en France.
Embellie f
— подъём, улучшение (ситуации).
Recopiez et complétez le tableau ci-dessous.
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|---|---|---|---|---|---|
| … | … | … | … | … | … |
- Le public des cinémas est-il le même qu’avant?
a. Non, le public est devenu plus jeune.
b. Oui, il est toujours constitué des cadres diplômés.
c. Non, le pourcentage des spectateurs adultes a augmenté. - Le cinéma français a-t-il changé?
a. Oui, avant, le cinéma français était un désastre.
b. Non, il propose les mêmes genres de films: les comédies et les polars.
c. Il est toujours le même quant à la qualité et l’originalité des films, mais il s’est diversifié quant aux styles et genres. - Qu’est-ce qui parmi les causes mentionnées ci-dessous n’explique pas la hausse de la fréquentation des salles de cinéma par les Français?
a. Les films sont devenus plus «faciles».
b. Les salles sont devenues plus modernes.
c. Il y a plus d’offres de films. - Qu’est-ce qui parmi les causes mentionnées ci-dessous explique la baisse de la fréquentation des films américains?
a. La surabondance des films américains sur le marché et l’emploi abusif des effets spéciaux.
b. La promotion des films dynamiques.
c. L’offre des films du même genre. - Qu’est-ce qui correspond au texte?
a. Aujourd’hui la production des films est soutenue par l’Etat.
b. L’Etat français soutient toujours son cinéma.
c. Maintenant l’Etat peut ne pas soutenir le cinéma français puisqu’il a atteint de grands succès. - Quelle est l’attitude de l’auteur de l’article par rapport à ce qu’il expose?
a. L’article est absolument neutre.
b. L’auteur se réjouit des succès du cinéma français.
c. L’auteur est inquiet de voir que les cinéastes français de la nouvelle génération reprennent les méthodes américaines.
